Vous êtes tombé sur « cellule », « cire morte » ou « anti skating » dans un de mes articles et vous n’êtes pas sûr de ce que ça recouvre ? C’est normal, le vocabulaire du vinyle mélange des termes hérités de plusieurs décennies, quelques anglicismes tenaces, et parfois une même chose qui porte deux ou trois noms différents selon qui vous parle. Ce lexique rassemble les termes que j’utilise sur Pause Vinyle, expliqués simplement, sans prérequis technique. Il s’enrichit au fil des nouveaux articles publiés sur le site, avec un renvoi direct vers l’article correspondant quand le sujet mérite d’être approfondi.
Dernière mise à jour : 18 septembre 2026

Vocabulaire de base
33 tours
Format le plus courant pour un album : un disque de 30 cm de diamètre qui tourne à 33 tours et un tiers par minute. C’est le format que vous manipulerez le plus souvent en tant que collectionneur.
45 tours
Format généralement plus petit (17 cm de diamètre) que le 33 tours, qui tourne à 45 tours par minute. Utilisé traditionnellement pour les singles, avec un ou deux titres par face. Il existe aussi des « maxi 45 tours » au diamètre de 30 cm, avec davantage de titres.
78 tours
Ancêtre du 33 et du 45 tours, disque de 25 ou 30 cm de diamètre le plus souvent en gomme-laque (shellac) plutôt qu’en PVC, qui tourne à environ 78 tours par minute. Produit jusque dans les années 1950, il nécessite une cellule et un diamant spécifiques.
Analogique
S’oppose au numérique. Un signal analogique varie de façon continue, comme le sillon gravé sur un disque vinyle, plutôt que d’être découpé en une suite de valeurs numériques comme sur un CD ou un fichier audio. C’est cette nature continue du sillon qui donne au vinyle sa texture sonore particulière.
Bras de lecture
Le bras mobile qui porte la cellule et se déplace progressivement au-dessus du disque en suivant le sillon, de l’extérieur vers le centre. Son réglage précis, notamment l’anti skating, conditionne directement la qualité de lecture et l’usure du disque.
Courroie
Système de motorisation dans lequel une bande en caoutchouc relie le moteur au plateau. Elle absorbe une partie des vibrations du moteur avant qu’elles n’atteignent le disque, ce qui limite le bruit de fond mécanique. Voir aussi Entraînement direct. Une courroie détendue ou usée est une cause fréquente de vitesse de lecture instable.
Entraînement direct
Système de motorisation dans lequel le moteur entraîne directement le plateau, sans courroie intermédiaire. Plus robuste et plus réactif au démarrage, ce système est traditionnellement privilégié par les DJ, même s’il transmet potentiellement davantage les vibrations du moteur qu’un système à courroie.
Face A / Face B
Convention qui désigne les deux côtés d’un disque. La face A regroupe traditionnellement le ou les titres principaux, la face B les titres secondaires ou complémentaires. Cette hiérarchie n’a plus vraiment de sens pour un album pensé comme un tout, mais l’expression reste utilisée par habitude. Par extension, sur un coffret ou un album double comportant plusieurs disques, on parle parfois de face C, face D, etc., bien que cet usage ne soit pas systématique et varie selon les éditions.
Hi-Fi
Abréviation de « High Fidelity », traduit en français par « haute-fidélité ». Désigne un système d’écoute conçu pour restituer le son le plus fidèlement possible à l’enregistrement d’origine, sans coloration excessive ni perte de détail.
LP
Abréviation de « Long Playing », littéralement longue durée. C’est le terme d’origine qui désigne un album 33 tours au format 30 cm, par opposition aux formats plus courts comme le single.
Plateau
La partie circulaire et tournante de la platine sur laquelle repose le disque pendant la lecture. Un plateau voilé ou mal aligné est l’une des causes les plus fréquentes de disque qui semble « onduler » à la lecture.
Platine
Nom courant de l’appareil qui fait tourner le disque et permet sa lecture, aussi appelé tourne-disque. Elle regroupe plusieurs éléments : le plateau, le bras de lecture, et la cellule. Je détaille les critères de choix par budget dans mon guide dédié.
Vinyle
Nom générique désignant un disque en vinyle, quel que soit son format ou sa vitesse de lecture (33 tours, 45 tours, ou plus rarement 78 tours). C’est le terme que vous emploierez le plus souvent pour parler d’un disque en général, « 33 tours » ou « 45 tours » ne s’utilisant que lorsque le format précis compte pour la conversation.
Le disque et sa fabrication
Cire morte (ou sillon de sortie, dead wax)
Zone gravée sans musique, située entre le dernier sillon audible et l’étiquette centrale du disque. On y trouve généralement gravé à la main ou à la machine le numéro de matrice, parfois les initiales d’un graveur ou d’autres mentions techniques. C’est la première chose à observer pour identifier un pressage, comme évoqué dans mon article sur l’identification d’un pressage original.
Grammage
Poids du disque, exprimé en grammes. Les pressages courants vont de 120g à 200g. Un grammage plus élevé (180g, 200g) est souvent associé à une meilleure stabilité mécanique du disque et à un PVC de meilleure qualité, mais un grammage plus léger ne signifie pas automatiquement une moins bonne qualité sonore : la gravure et le pressage comptent tout autant.
Master
Enregistrement source à partir duquel un disque est fabriqué. C’est la référence de départ de toute la chaîne de production : une réédition peut être pressée à partir du master d’origine, restauré ou non, ou à partir d’un nouveau master remanié (voir Remaster), ce qui influence directement le résultat sonore final.
Mastering
Le mastering est la dernière étape avant la fabrication du disque : un ingénieur y ajuste l’équilibre général du son (égalisation, compression, niveau) sur l’enregistrement final, avant qu’il ne soit gravé sur la matrice qui servira à produire le pressage. Un même album peut avoir un mastering différent selon le support (vinyle, CD, streaming), ce qui explique une partie des différences de son perçues entre les versions, indépendamment de la qualité du support lui-même.
Matrice
Dans le langage courant des collectionneurs, « matrice » désigne le numéro gravé dans la cire morte, qui identifie le pressage précis de votre exemplaire. C’est le sens utilisé partout sur ce site. J’explique en détail comment lire et comparer un numéro de matrice dans mon article dédié. À proprement parler, ce terme désigne aussi, dans le vocabulaire de fabrication, l’outil métallique physique utilisé pour presser les disques (voir Stamper) : un usage plus technique, réservé au processus industriel, que vous ne croiserez presque jamais en cherchant à identifier un pressage.
Pressage
Désigne à la fois l’opération de fabrication d’un disque à partir d’un stamper, et le résultat de cette opération, c’est-à-dire une édition particulière d’un album. Un même album peut avoir connu plusieurs pressages différents au fil des décennies, avec des variations de qualité sonore et de rareté.
Pressage original
Premier pressage d’un album, réalisé à l’époque de sa sortie à partir des matrices d’origine. Il est généralement le plus recherché par les collectionneurs, à la fois pour sa valeur historique et parce qu’il est souvent pressé depuis des matrices moins usées que les tirages ultérieurs. Le numéro de matrice reste le moyen le plus fiable pour confirmer qu’un exemplaire est bien un pressage original.
Réédition (reissue)
Nouveau tirage d’un album produit après le pressage original, parfois plusieurs années ou décennies plus tard. Une réédition peut provenir des matrices d’origine restaurées, de nouvelles matrices gravées à partir du master, ou plus rarement d’une source numérique, ce qui a une influence directe sur le résultat sonore final. Vous croiserez aussi le terme anglais « reissue », strict équivalent, notamment sur Discogs et chez de nombreux vendeurs qui l’utilisent tel quel même en français. Voir aussi Repress et Remaster, deux notions liées mais distinctes.
Remaster (ou remasterisé)
Retraitement du son à partir du master d’origine, indépendamment du fait qu’il y ait ou non un nouveau pressage physique. Un remaster peut modifier l’égalisation, la dynamique ou le niveau sonore global, parfois pour corriger des défauts, parfois pour se rapprocher des standards d’écoute actuels. Le résultat divise souvent les collectionneurs : certains préfèrent la texture du son d’époque, d’autres apprécient la clarté d’un remaster soigné.
Repress
Terme anglais couramment employé tel quel pour désigner un nouveau pressage d’un disque déjà sorti. Attention, son usage exact varie selon les disquaires et les labels : certains réservent ce mot à une reproduction à l’identique du pressage d’origine (même matrices ou matrices très proches, destinée à réapprovisionner les bacs), tandis que d’autres l’emploient plus largement pour désigner toute réédition, changements compris. En cas de doute sur un exemplaire précis, mieux vaut vérifier directement la fiche Discogs correspondante que de se fier au seul mot employé par le vendeur.
Stamper
Moule métallique final, dérivé de la matrice mère par galvanoplastie, directement utilisé dans la presse pour imprimer les sillons sur le disque vinyle. Un stamper s’use avec l’usage : les tout premiers exemplaires pressés avec un stamper neuf sont généralement considérés comme sonoriquement supérieurs aux derniers exemplaires du même tirage. À ne pas confondre avec le numéro de matrice, qui désigne l’identifiant gravé dans la cire morte plutôt que l’objet de production lui-même (voir Matrice).
Cellule et lecture
Cellule
Élément monté au bout du bras de lecture qui capte les vibrations du diamant dans le sillon et les convertit en signal électrique. Parfois appelée « cartouche » par calque de l’anglais « cartridge », c’est un abus de langage à éviter : en français, on parle de cellule (voir Bras de lecture). Il existe deux grandes familles de cellules, MM et MC, qui diffèrent par leur technologie interne. Je détaille les critères de choix entre les deux dans mon guide dédié.
Diamant (stylet, aiguille)
Pointe qui vient se loger dans le sillon du disque et transmet ses vibrations à la cellule. « Diamant » est le terme le plus employé en français, « stylet » et « aiguille » sont des synonymes tout aussi valides. Évitez en revanche « stylus », anglicisme technique qui n’a pas d’usage courant en français. Le diamant s’use avec le temps et doit être remplacé périodiquement.
MM/MC (Moving Magnet / Moving Coil)
Les deux grandes technologies de cellule phono. Une cellule MM (Moving Magnet) utilise un petit aimant fixé au bout du diamant, une cellule MC (Moving Coil) utilise une bobine mobile. Les cellules MM sont généralement plus abordables et plus simples à entretenir (diamant remplaçable seul, je détaille la marche à suivre dans mon guide sur le changement du diamant), les cellules MC offrent souvent une restitution plus fine mais à un coût plus élevé et sans possibilité de changer le diamant seul. Je compare les deux technologies en détail, avec mes recommandations par budget, dans mon guide dédié.
Installation et réglage
Anti skating
Force qui compense la tendance naturelle du bras de lecture à être attiré vers le centre du disque pendant la lecture, sous l’effet du frottement du diamant dans le sillon. Elle se règle via une molette dédiée sur la platine, généralement en même temps que la force d’appui. Je détaille le protocole complet de réglage dans mon article dédié.
Azimut
Angle vertical de la cellule vue de face, qui doit rester perpendiculaire au disque. Mal réglé, il déséquilibre le volume entre les deux canaux stéréo et peut ajouter de la distorsion. Contrairement à l’overhang, il ne se règle pas avec le gabarit d’alignement : la méthode courante consiste à poser un petit miroir sur le plateau et à vérifier que le diamant et son reflet forment une ligne verticale continue. Tous les bras ne permettent pas ce réglage : certains ont un azimut fixé en usine.
Fil de masse
Câble qui relie la platine à l’amplificateur pour évacuer les charges électriques statiques accumulées, distinct des câbles RCA qui transmettent le signal audio lui-même. Un fil de masse mal branché ou absent est une cause fréquente de bourdonnement. Le diagnostic complet des bruits électriques détaille comment le vérifier.
Force d’appui
Poids exercé par le diamant sur le disque au repos, réglé via le contrepoids situé à l’arrière du bras de lecture. Une force d’appui trop faible favorise les sauts de lecture, une force trop élevée accélère l’usure du disque et du diamant. Elle se mesure avec un pèse-cellule. Je détaille le protocole complet de réglage dans mon article dédié.
Gabarit de réglage
Outil qui sert à positionner correctement la cellule sur le bras de lecture : overhang et zénith. Attention, il s’agit d’un outil d’alignement de la cellule, pas d’un outil de réglage de l’anti skating, une confusion fréquente. Je compare les versions gratuite et payante dans mon article dédié à ce sujet.
Overhang
Réglage qui positionne la cellule sur le bras pour que le diamant suive au mieux la tangente du sillon, plutôt qu’une trajectoire qui s’en écarterait progressivement. Se règle avec un gabarit d’alignement, en même temps que le zénith. À ne pas confondre avec la force d’appui, qui se règle séparément avec le contrepoids et se vérifie au pèse-cellule.
Pèse-cellule
Petit appareil, mécanique ou numérique, qui mesure précisément la force d’appui exercée par le diamant sur le disque. Terme à privilégier plutôt que « pèse-stylet », peu usité en français courant. Je montre son usage concret dans mon article sur le réglage de l’anti skating et de la force d’appui.
Voilage
Déformation du disque ou du plateau, qui se traduit à l’écoute par une variation régulière et audible de la hauteur du son. Peut avoir plusieurs origines : disque mal stocké, plateau lui-même voilé, ou axe de rotation faussé. Je détaille le diagnostic complet et les trois causes possibles dans mon article dédié.
Zénith
Angle de rotation de la cellule dans le porte-cellule, vue du dessus. Se règle avec un gabarit d’alignement en même temps que l’overhang, pour que le diamant reste au plus près de la tangente du sillon sur l’ensemble du disque.
Diagnostic sonore
Bourdonnement
Bruit de fond grave et continu, de nature électrique, souvent causé par une boucle de masse ou un fil de masse mal branché (voir Fil de masse). À distinguer du rumble, de nature mécanique. Souvent confondu avec le grésillement, le bourdonnement a généralement une origine électrique (boucle de masse, câblage). Voir le protocole de diagnostic en trois tests pour distinguer les deux et identifier la cause exacte.
Craquements
Petits bruits secs et irréguliers pendant la lecture, le plus souvent causés par de la poussière ou des particules logées dans le sillon plutôt que par une rayure visible. Une cause distincte du disque qui saute littéralement d’un sillon à l’autre. Je détaille cette cause, ainsi que quatre autres, dans mon article sur le vinyle qui saute.
Grésillement
Bruit de fond aigu et continu, de nature électrique, généralement causé par une interférence électromagnétique ou un défaut de câblage. C’est le point de départ du diagnostic électrique le plus fréquent. Le grésillement se distingue du bourdonnement par sa fréquence plus haute et son origine le plus souvent électrique. La méthode de diagnostic en trois tests permet de l’isoler rapidement.
Pleurage et scintillement (wow and flutter)
Variation de hauteur ou flottement audible du son, surtout perceptible sur une note tenue (voix, piano). Cet effet vient d’une fluctuation de la vitesse de rotation de la platine, exprimée en pourcentage (WRMS) : le pleurage pour les variations lentes, le scintillement pour les variations rapides. Plus le chiffre est bas, plus la vitesse de lecture est stable. Un chiffre identique entre deux platines ne signifie pas forcément une absence de progrès technique : certains systèmes récents corrigent des vibrations trop fines pour être captées par cette mesure.
Rumble
Bruit de fond grave et continu, de nature mécanique cette fois, causé par une vibration du plateau ou du moteur qui se transmet jusqu’au diamant. Contrairement au bourdonnement et au grésillement, le rumble est un bruit mécanique basse fréquence, souvent lié aux pieds ou au support de la platine. Le développement dédié au rumble de cet article couvre les causes et les solutions.
Achat d’occasion et collection
Discogs
Base de données collaborative et place de marché en ligne dédiée aux disques vinyles, CD et cassettes, très utilisée par les collectionneurs pour identifier précisément un pressage, consulter sa cote, et acheter ou vendre d’occasion. Vous pouvez d’ailleurs consulter ma propre collection sur mon profil Discogs.
Gatefold (pochette ouvrante)
Format de pochette qui s’ouvre comme un livre, offrant plus de place pour l’illustration, les paroles ou des photos supplémentaires. Utilisé notamment pour les albums doubles ou les éditions à tirage limité. Le terme anglais « gatefold » est largement conservé tel quel en français, y compris chez les fabricants et revendeurs francophones.
Grading (Mint, Near Mint, VG+, VG, Good…)
Système de notation standardisé qui évalue l’état physique d’un disque d’occasion, du plus proche du neuf au plus abîmé : Mint (M, état neuf, rarement utilisé en vente courante), Near Mint (NM, quasi parfait), Very Good Plus (VG+, très bon état avec des marques d’usage mineures), Very Good (VG, usure visible mais lecture correcte), Good ou Good Plus (G/G+, usure plus importante), puis Fair et Poor pour les états les plus dégradés. C’est l’échelle utilisée sur Discogs et par la plupart des vendeurs francophones. Attention, l’appréciation d’un grade reste subjective d’un vendeur à l’autre : mieux vaut toujours demander des photos précises ou poser une question avant un achat coûteux.
Test pressing (test press, TP, T.P.)
Exemplaire tiré en très petit nombre (quelques unités à quelques dizaines) directement à l’usine, avant le lancement de la production commerciale, pour valider la qualité de la gravure et de la matrice. Se reconnaît généralement à sa pochette carton vierge ou générique et à son macaron blanc portant uniquement la mention manuscrite ou tamponnée « Test Pressing » ou « T.P. », sans habillage graphique. Très recherché des collectionneurs pour sa rareté, il ne doit pas être confondu avec une édition limitée classique, qui reste un pressage commercial même en tirage réduit. Attention, un test pressing authentique circule rarement en dehors des canaux professionnels (label, usine, artiste) : la plus grande prudence est de mise face à un exemplaire proposé sans provenance vérifiable.
